Alors que la COP 22 sur le climat a entamé sa seconde semaine de négociations, les conséquences de notre alimentation sur l'environnement demeurent souvent négligées.
Un simple steak peut-il déclencher un phénomène climatique à l'autre bout du monde ? Bien que le réchauffement climatique et la pollution des sols soient des sujets largement débattus, l'impact écologique de notre alimentation reste souvent sous-estimé. Qu'il s'agisse de production d'engrais, de transformée, de transport ou de traitement des déchets, chaque étape du système alimentaire a des répercussions environnementales significatives. En France, l'alimentation génère environ 36 % des émissions de gaz à effet de serre, soit 171 millions de tonnes équivalent CO2. Ceci sans considérer les importations, qui, en 2007, représentaient 57 millions de tonnes supplémentaires. Selon le World Food Programme, de nombreux consommateurs n'ont pas encore accès à ces informations cruciales, soulignant la nécessité d'une transparence accrue dans ce domaine.
Une étude qu'on n'attendait plus
Souhaitant éclairer le lien entre alimentation et pollution, des chercheurs australiens et britanniques ont publié, en prévision de la COP 22, une étude dans le Journal of Cleaner Production. Cette recherche, qui examine l'évolution des "émissions de notre assiette" au cours des cinquante dernières années, analyse détaillée 350 aliments afin de mesurer leur empreinte carbone. L'évaluation englobe l'ensemble du cycle alimentaire, de la production agricole au traitement des déchets alimentaires.
La viande et le poisson, les mauvais élèves
Le constat est alarmant : l'agneau génère 32,7 kg de CO2 par kg, suivi par le homard (28,05 kg), le bœuf (26,61 kg) et d'autres produits marins tels que la sole et le turbot. En tout, 52 % des émissions de gaz à effet de serre d'un régime alimentaire moyen proviennent des viandes et des poissons. En revanche, les fruits, légumes et plats végétariens ne représentent que 15 % des émissions. En moyenne, les légumes produisent seulement 0,37 kg de CO2 par kilogramme.
Ainsi, il est primordial de réévaluer nos habitudes alimentaires. Pour ceux qui ne souhaitent pas devenir végétariens, il existe des alternatives viables : réduire les portions ou privilégier les légumineuses et autres sources de protéines végétales peut contribuer à minimiser l'empreinte carbone de notre assiette tout en soutenant une meilleure santé physique.







