Le petit-déjeuner est souvent considéré comme le "repas le plus important de la journée". Cependant, Jean-Michel Cohen, médecin nutritionniste, remet sérieusement en question cette croyance largement répandue. Dans son livre Tout le monde n'a pas la chance d'avoir un ami nutritionniste, coécrit avec Valérie Expert, il présente des arguments historiques et scientifiques qui pourraient bien transformer notre vision de ce repas incontournable.
La réalité derrière l'importance du petit-déjeuner
La plupart des gens croient fermement que le petit-déjeuner est essentiel pour bien commencer la journée. Pourtant, Cohen affirme que cette perception est en grande partie le fruit d'une propagande. Il déclare : "Ce slogan a été tant matraqué qu'il a fini par devenir une vérité universelle inattaquable".
De fait, plusieurs études récentes ont bousculé cette idée. Le professeur britannique John Deanfield, dont les recherches sont parues dans la revue Lancet Diabetes and Endocrinology, souligne que "s’imposer des rythmes alimentaires basés sur trois repas par jour est inutile". Il y a, selon lui, peu de privilèges alimentaires à accorder à tel ou tel repas, car la somme d'énergie apportée par chaque repas est cumulative.
Origines historiques du petit-déjeuner
Pour mieux comprendre comment cette habitude s'est imposée, Jean-Michel Cohen explore l'histoire du petit-déjeuner. Il révèle qu'autrefois, ce repas était principalement réservé aux enfants et aux travailleurs. Les plus riches mangeaient souvent moins le matin, se réveillant tard, contrairement aux ouvriers qui, eux, se levaient tôt pour commencer leur journée.
Au fil des siècles, l'évolution des habitudes alimentaires a marqué le petit-déjeuner. Au XVIIIe siècle, il était commun de commencer la journée avec un bol de café noir. Par la suite, cette pratique a été progressivement remplacée par le café au lait. Dans les années 1900, il est même devenu courant pour les ouvriers de délaisser le petit-déjeuner pour consommer du vin dans les cafés à proximité de leur lieu de travail.
Le petit-déjeuner en Amérique
Parallèlement, une bataille alimentaire s'est dessinée aux États-Unis entre les partisans des céréales, comme les frères Kellogg, et ceux qui prônaient la consommation de protéines et de charcuterie au lieu de ce repas traditionnel. Ces réflexions historiques éclairent le fait que le concept de petit-déjeuner varie énormément selon les cultures et reflète des choix personnels avant tout.
Cohen conclut que "la nature du petit-déjeuner, ainsi que sa nécessité, sont des habitudes somme toute très personnelles".
© First EditionsTout le monde n'a pas la chance d'avoir un ami nutritionniste. Jean-Michel Cohen et Valérie Expert, 19,95 €, éditions First.







