Une récente étude met en lumière certaines fibres capables d'influencer significativement la perte de poids et la régulation de l'insuline, portant ainsi un nouveau regard sur la nutrition.
Depuis plusieurs années, les découvertes sur le microbiome intestinal changent notre compréhension de l'alimentation. Les fibres alimentaires, qui sont essentielles à la santé des bactéries intestinales, sont souvent consommées en quantités insuffisantes : les adultes en consomment en moyenne 20 g par jour, alors que 30 g sont recommandés. Pour pallier ce déficit, de nombreux produits enrichis et suppléments sont disponibles, mais il est crucial de noter que toutes les fibres ne se valent pas.
Les fibres solubles, comme le bêtaglucane d'avoine et la dextrine de blé, sont fermentées par les bactéries intestinales, tandis que les fibres insolubles, telles que la cellulose et l'amidon résistant, contribuent à la formation des selles. Cependant, une recherche récente a comparé ces différentes fibres, un aspect jusqu'alors peu étudié.
Une avancée significative avec le bêtaglucane
Une étude effectuée par des chercheurs de l'Université d'Arizona et de l'Université de Vienne révèle que seul le bêtaglucane, présent dans l'avoine et l'orge, a eu un impact significatif sur la perte de poids et la réduction de masse graisseuse des souris analysées.
Les résultats, publiés dans le Journal of Nutrition, montrent que cette fibre est capable de moduler la glycémie et favorise la perte de poids chez des souris ayant un régime alimentaire riche en graisses. Frank Duca, un scientifique biomédical, explique que l'objectif de l'étude était d'identifier le type de fibre le plus bénéfique, afin d'éclairer les consommateurs et d'informer l'industrie agricole.
Un rôle spécifique sur le microbiome
L'étude souligne également que le bêtaglucane stimule la croissance de l'Ileibacterium, une bactérie intestinale reconnue pour ses effets positifs sur la perte de poids. Avant même la dixième semaine de l'expérience, les souris nourries avec du bêtaglucane affichent déjà une baisse significative du poids corporel par rapport à celles qui reçoivent d'autres types de fibres.
Les résultats de recherches précédentes, menées sur des rats nourris au son d'orge, soutiennent cette découverte, montrant une augmentation de leur dépense énergétique tout en continuant un régime gras. Frank Duca précise que l'ensemble des bienfaits associés à une consommation adéquate de fibres pourrait résulter de la libération de peptides intestinaux régulant l'appétit, bien que ce ne soit pas l'unique effet observé. D'autres bénéfices, comme l'amélioration de la santé de la barrière intestinale et des actions au niveau du foie, sont également envisagés.
Cette étude met en exergue la nécessité d'approfondir nos connaissances sur l'impact des différentes fibres alimentaires sur la santé. Bien que les résultats sur les souris soient prometteurs, des enquêtes supplémentaires sont indispensables avant d’envisager une application chez l'être humain.







