Lauréate de la première édition du prix Festins féminins-Madame Figaro avec Olympe, une cuisinière libre, Anne Ettore nous raconte comment son père, un passionné avant-gardiste, l’a initiée à l'art culinaire.
Dès mon adolescence, je me glissais avec curiosité entre mon père et le fourneau, observant chacune de ses techniques et astuces. Il m'emmenait au marché, m'enseignant l'importance de privilégier les produits locaux et de saison. J'ai vite appris à identifier la fraîcheur d’un poisson, à rejeter les fraises en hiver et à apprécier les saveurs authentiques. Ces moments de complicité me remplissaient de fierté, d’autant plus que contribuer aux préparatifs des repas me donnait un sentiment d’appartenance que je chérissais.
La connexion par la gastronomie
Mon amour pour la bonne cuisine m'a indéniablement été transmis par lui. Il est impossible pour moi de voyager sans une valise vide à remplir de délices. Cette passion commune est devenue notre moyen de communication, partageant des photos de nos plats cuisinés et nos conseils pour améliorer les recettes. Chaque échange est un rappel palpable de notre lien unique.
Les discussions gastronomiques s'intensifient durant la période de Noël, orchestrant l’apparition de douceurs et de spécialités festives. Depuis début novembre, les questions fusent : Quel plat choisir pour Noël ? Les morilles sont-elles disponibles ? Faisons-nous cette année du poisson ou un chapon traditionnel ? Même ma mère se joint à la conversation pour parler des desserts, ajoutant une belle couche à nos échanges familiaux.
L'art culinaire comme héritage
Nos célébrations de Noël ne sont pas juste des repas, mais une véritable fête qui commence bien avant le jour J. Nos conversations sont alimentées par une passion commune pour les livres de cuisine, qui occupent une place de choix dans notre bibliothèque familiale. Mon père consultait les ouvrages de grands chefs avant de concocter un plat, tandis que ma propre collection, qui se renouvelle chaque semaine, m'ouvre un vaste éventail de possibles.
Cette année, Noël possède une saveur particulière : c'est le moment où par le biais de Olympe, une cuisinière libre, je retrouve l’esprit de cette connexion intergénérationnelle si précieuse. Anne Ettore, maintenant auteure culinaire, livre son héritage et sa passion à travers cet ouvrage, célébré par le prix Festins féminins-Madame Figaro 2024, qui met en avant le travail des femmes dans la gastronomie.







