La Food and Drug Administration (FDA) américaine procède à une révision majeure de ses critères d'étiquetage des aliments considérés comme "sains". Cette évolution significative, après trois décennies d’immobilisme, pourrait transformer la manière dont les aliments sont commercialisés.
Malgré l'interdiction antérieure d'étiqueter comme "sains" des produits pourtant nutritifs tels que les oranges ou les pistaches, la FDA annonce une nouvelle règle permettant aux aliments entiers de revendiquer cette mention. Cependant, certains produits devront adapter leurs formulations, particulièrement en ce qui concerne leur teneur en sucre ajouté et en graisses saturées.
Des critères obsolètes
Auparavant, pour qu'un produit puisse être qualifié de "sain", il devait apporter au moins 10 % de la valeur quotidienne pour plusieurs nutriments essentiels, sans tenir compte de leur origine naturelle. Cela permettait même aux aliments contenant des nutriments ajoutés d'être étiquetés comme tels, ce qui est désormais remis en question. Selon le cardiologue Dariush Mozaffarian, la mise à jour des règlements est cruciale afin de refléter les recommandations diététiques modernes qui valorisent les nutriments naturellement présents dans les aliments.
Priorité aux aliments entiers
La nouvelle règlementation favorise les aliments entiers, non transformés, qui conservent leur richesse en nutriments. Elle encourage également une consommation réduite de sucre ajouté et de graisses saturées tout en garantissant un apport suffisant en protéines, fruits, légumes et céréales complètes. Un produit ne pourra plus se revendiquer "sain" s'il contient des quantités élevées de sucre ajouté; par exemple, les aliments protéinés devront limiter leur sucre à 2 % de la quantité quotidienne recommandée.
Le sucre ajouté : un ennemi pour la santé
La révision des règles s'appuie sur un rapport du Comité consultatif des directives alimentaires de 2020, qui a démontré que le sucre ajouté ne procure aucun bénéfice nutritionnel, contrairement aux aliments entiers. Les données de l'enquête nationale sur la santé et la nutrition indiquent également que le sucre ajouté contribue à l'apport calorique sans améliorer la qualité nutritionnelle.
Malgré ces avancées, l'industrie agroalimentaire exprime des inquiétudes face aux nouvelles normes, en particulier celles relatives à la restriction du sucre, estimant qu'elles pourraient provoquer un glissement vers des produits plus gras. En revanche, de nombreux spécialistes en nutrition saluent ces changements, convaincus que l'étiquette "sain" aidera les consommateurs dans leurs choix alimentaires.







