Un récent rapport du bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) clarifie la situation du botulisme en France sur la période allant de 2013 à 2016. Bien que considéré comme rare, ce trouble neurologique continue de faire des ravages. Au total, 39 foyers de botulisme ont été identifiés, représentant 69 cas, avec 4 cas suspectés dans 3 autres foyers.
Nature et causes du botulisme
Le botulisme se manifeste par des paralysies flasques, notamment une sécheresse buccale, des problèmes de déglutition, ainsi qu'une fatigue intense et une faiblesse musculaire pouvant engendrer des difficultés respiratoires. Cette condition est causée par des neurotoxines produites par les bactéries du genre Clostridium, classées en sept types distincts (A à G), les types A, B, E, et F étant responsables du botulisme humain, ce dernier étant particulièrement préoccupant.
La forme alimentaire de cette intoxication prédomine. La bactérie se développe dans des aliments mal stérilisés, entraînant la production de toxines ingérées. Dans certains cas, la bactérie est ingérée et se développe dans l'intestin, produisant la neurotoxine, phénomène fréquemment observé chez les nourrissons, connu sous le nom de botulisme infantile.
Liens avec la charcuterie et analyses des foyers
Parmi les 39 foyers, 6 étaient de type A et 2 de type F, alors que la majorité, soit 26 foyers, relèvent du type B, souvent accusé par la consommation de charcuterie contaminée. Sur les 71 cas au total, 6 ont concerné des nourrissons, pour qui l’origine de l’intoxication demeure inconnue. Malheureusement, 2 décès ont été à déplorer, consécutifs à une insuffisance respiratoire. Dans les cas identifiés, la charcuterie familiale ou artisanale est majoritairement impliquée, incluant un pâté de faisan et des conserves d'asperges suspectées dans plusieurs foyers.
Malgré leur rareté, avec environ 18 cas annuels, le BEH met en garde sur la nécessité d'une surveillance continue pour détecter d'éventuels nouveaux types de toxines ou des produits alimentaires à risque. Cette vigilance est essentielle pour avertir rapidement le grand public et les acteurs du secteur, afin de retirer promptement les produits contaminés du marché.







