Le 1er septembre à l’aube, un boucher parisien est réveillé par le bruit sourd de vitres brisées. Lorsqu’il descend dans sa boutique, il découvre les dégâts causés par un groupe d'individus masqués : vitres fissurées et graffiti anti-spéciste. "Se sentir menacé par ses propres convictions est déconcertant", confie-t-il, préoccupé par la sécurité de sa famille.
Une vague de vandalisme inquiétante
Ce n'est qu'un exemple parmi les dix-sept boucheries déjà ciblées en France depuis le printemps dernier. Des villes comme Lille, Angers et Thionville, ainsi que diverses régions de la région parisienne, ont été touchées. Les bouchers ressemblent de plus en plus à des artisans en guerre contre une idéologie qui nie leur profession. Ils soulignent leur respect profond pour l'animal et la qualité de la viande qu'ils préparent.
Coût et implications pour la profession
La destruction de biens n'est pas sans conséquences. Les réparations des dégâts se chiffrent parfois dans les milliers d'euros. Un boucher a signalé des coûts atteignant jusqu'à 20 000 euros. De plus, les menaces et intimidations s'accumulent avec des manifestations devant les commerces et des injures sur les réseaux sociaux. "Depuis que ma boucherie a été vandalisée, je subis des commentaires hostiles en ligne", raconte un confrère, ajoutant qu'il a même reçu des menaces de mort.
Leur passion reste intacte
Malgré ces intimidations, les bouchers affirment avec conviction leur amour pour leur métier. "Nous sommes des transformateurs, nous prenons la viande brute pour en faire quelque chose de magnifique", déclare un boucher anonyme. Au lieu de céder à la pression, ils constatent une augmentation de la fidélité de leur clientèle. "Nos clients viennent souvent nous soutenir", ajoute Antoine, un jeune boucher formé à Paris. Certes, le mouvement végan soulève des enjeux, mais pour ces artisans, la passion et l'engagement pour leur travail restent inébranlables.







