Les édulcorants et sucres alternatifs sont-ils vraiment inoffensifs ? Non, selon 60 millions de consommateurs, qui met en garde contre leurs fausses promesses dans son dernier numéro publié le 8 décembre.
Si le sucre traditionnel peut apporter du réconfort, sa consommation excessive conduit à divers problèmes de santé tels que l'obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires. Pour pallier ces inconvénients, de nombreux consommateurs se tournent vers des substituts présentés comme plus sains. 60 millions de consommateurs passe au crible 16 sucres « naturels » et édulcorants à base liquide et en poudre dans son hors-série intitulé « Sucre : comment décrocher ? ». Le verdict ? La plupart s'avèrent problématiques pour la santé.
Des promesses marketing trompeuses
Parmi les alternatives « naturelles » on trouve le rapadura et le muscovado, souvent vantés pour leur richesse nutritionnelle. Toutefois, la rédactrice en chef du magazine, Sophie Coisne, avertit que leur teneur en vitamines et minéraux est inférieure à ce que l'on pourrait espérer. "Ces produits ne sont pas un remède miracle", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.
Le sucre de coco, prisé pour son goût, coûte environ 15€ le kilo, et constitue un autre exemple de substitution onéreuse sans réelle valeur ajoutée. Même son de cloche pour le xylitol, dont le prix grimpe à 23,80€ le kilo. Sophie Coisne rappelle que pour en tirer des bénéfices réels, il faudrait en ingérer des quantités disproportionnées. Pour information, l'Organisation mondiale de la santé recommande de limiter sa consommation à 50g de sucres par jour.
Un avenir incertain pour la santé
Les substituts, notamment les sirops d'agave et d'érable, sont profitables aux entreprises qui les commercialisent, mais leur forte teneur en fructose peut porter atteinte à notre santé. "Des recherches récentes relient une consommation excessive de fructose à des maladies cardiaques et au foie gras", mettent en avant les experts de 60 millions de consommateurs.
Les édulcorants, en revanche, devraient être évités. L'aspartame, par exemple, a été lié potentiellement à des risques de cancer et à des maladies cérébrovasculaires. Sophie Coisne évoque d'ailleurs le manque de preuves montrant que les édulcorants offrent un réel avantage sur le poids.
"Non seulement les édulcorants ne constituent pas un substitut sûr, mais leur efficacité pour la gestion du poids est discutable", affirme Sophie Coisne.
Les édulcorants tels que l’acésulfame K (E950), souvent utilisés en conjonction avec l’aspartame, suscitent également des inquiétudes. Des études récentes les associent à un risque accru de maladies coronariennes et de cancers. La modération reste essentielle, même avec ces alternatives.
Bien que Sophie Coisne n’appelle pas à une élimination totale du sucre de table, elle propose des astuces pour réduire son utilisation. Par exemple, sucrer les yaourts avec de la compote de fruits ou jouer avec des épices comme la cannelle.







