Cheffe étoilée, jury de l'émission «Top Chef», mère de famille... Jongler entre les métiers et les responsabilités ne lui fait pas peur, même si elle refuse d'être un porte-étendard féministe. Rencontre avec une femme d'exception de la gastronomie française.
Lorsque l'on croise Hélène Darroze dans son restaurant Marsan, à Paris, son allure décontractée dégage une énergie palpable. Elle arrive, cheveux relevés et chemise blanche ample, accompagnée de son fidèle compagnon à quatre pattes. Malgré un léger retard, elle se dirige d'abord vers son équipe, témoignant de son sens du leadership.
Avec deux établissements étoilés, Marsan (deux étoiles) et Hélène Darroze à The Connaught (trois étoiles) à Londres, elle est l'une des rares femmes à recevoir de telles distinctions en France. Connue du grand public pour son rôle de jurée dans l'émission «Top Chef», Hélène allie succès professionnel et vie de famille, étant maman de deux petites filles, qu'elle a adoptées au Viêtnam. Ce qui la caractérise avant tout, c'est son indépendance.
Une vision unique de la cuisine
Hélène Darroze sur l'approche féminine en cuisine :
La cuisine est avant tout une question d'émotions, et il est vrai que les femmes ont souvent une approche plus intime, plus personnelle. Contrairement aux hommes qui privilégient souvent la technique, je pense que les femmes cuisinent pour partager une part d'elles-mêmes.
Les défis à «Top Chef» :
Dans l'émission, les avis divergent, surtout sur les techniques et l'émotion. Alors que mes collègues se concentrent sur le potentiel des plats, ma manière de juger repose davantage sur l'émotion que suscite l’assiette.
Inspirer sans militantisme
Hélène Darroze face à son rôle d'influence :
Nombreux sont les témoignages de femmes émues à l'idée de la rencontrer. Bien qu'elle ne se considère pas comme un modèle à suivre, elle admet avoir pris conscience de son impact. Elle souhaite impacter positivement sans pour autant se voir comme une porte-parole du féminisme. Ses actions ponctuelles, comme son engagement avec l'ONG Afghanistan Libre, témoignent de sa volonté d'aider là où c'est nécessaire.
Une éducation basée sur l'indépendance :
Hélène cherche à inculquer à ses filles l'importance de l'indépendance, érigée comme valeur fondamentale par sa propre mère. Elle croit fermement qu'une femme doit croire en sa capacité d'être maîtresse de son destin.
Sur la question du sexisme en cuisine :
Elle ne se sent pas concernée par le sexisme, affirmant avoir su maintenir un environnement de respect dans ses cuisines. Les chefs d’aujourd'hui doivent privilégier des valeurs telles que l’intégrité et la solidarité.
Une réflexion sur la place des femmes :
Hélène souligne les changements survenus au fil des ans, avec une évolution notoire de la place des femmes dans la gastronomie. Cependant, elle constate encore un déséquilibre, comme l'illustre la faible présence de femmes dans les concours culinaires tels que «Top Chef».
Conciliation entre carrière et maternité :
Sa gestion du temps, avec une maison proche de son lieu de travail, lui permet d’être présente pour ses filles. Hélène s’emploie à équilibrer sa carrière exigeante avec ses responsabilités de mère, mettant en avant la nécessité d'une bonne organisation et de la délégation.







