Ce dimanche, le documentaire Fromages AOP : le terroir caisse ? diffusé sur France 5 soulève des inquiétudes concernant l’avenir des fromages labellisés AOP. Derrière ce symbole de qualité, l'industrie agroalimentaire semble s'imposer comme une menace pour les méthodes traditionnelles de production.
AOP : un gage de qualité, mais à quel prix ?
Le label AOP, pour Appellation d'origine protégée, garantit que les produits proviennent d'une région spécifique, respectant des méthodes de fabrication reconnues. En France, 50 produits laitiers, dont de nombreux fromages, bénéficient de ce label. Jean-Luc Dairien, ancien directeur de l'INAO, souligne que ce label assure non seulement l'origine du lait, mais aussi la méthode de fermentation et le savoir-faire du producteur.
La montée des industriels et ses conséquences
Malgré la réputation de l'AOP, environ 70 % des fromages portant ce label appartiennent à de grands groupes industriels. Ces derniers, tout en cherchant à maximiser leurs profits, mettent en péril les méthodes traditionnelles. Le camembert de Normandie, par exemple, fait l'objet de vives controverses, notamment la firme Lactalis qui souhaite assouplir le cahier des charges, ce qui pourrait menacer l’authenticité du produit.
Menaces sur la qualité et l'authenticité
La provenance du lait est également un sujet préoccupant. Les producteurs privilégient des vaches laitières à haut rendement au détriment des races traditionnelles, ce qui peut affecter le goût et la qualité des fromages. Véronique Richez-Lerouge, présidente de l'association Fromages de terroirs, avertit que si les exigences d'AOP baissent, cela pourrait mener à une standardisation des produits, transformant des fromages uniques en versions pâles et insipides.
Face à ces défis, la mobilisation des petits producteurs et des chefs renommés est cruciale pour maintenir l’intégrité du label AOP. L'avenir des fromages français dépend de leur capacité à résister aux pressions de l'industrie.







