Senderens ne ressemble à aucune brasserie classique.
Le 24 mai 2005, Alain Senderens a fait sensation en renonçant à ses trois étoiles et en annonçant qu'il se lancerait dans un nouveau projet, une brasserie de luxe. Ce choix a suscité une onde de choc parmi les puristes de la gastronomie. La brasserie, souvent mal perçue, continue de subir une image désuète, morcelée entre traiteurs et cuisine industrielle. Pourtant, des établissements comme l'Alcazar (62, rue Mazarine, 75006 Paris ; 01 53 10 19 99) démontrent que la brasserie peut être synonyme de joie et de convivialité, avec son ambiance vivante et animée.
En visitant le site du restaurant Senderens (www.senderens.fr ; 9, place de la Madeleine, 75008 Paris ; 01.42.65.22.90), on est immédiatement frappé par l'atmosphère mélancolique de la musique de Miles Davis. Le restaurant précise qu'il n'est "ni une brasserie ni un bistrot", mais un "restaurant de haute qualité". Ce rappel n'est pas nécessaire, car le style brasserie peut être une sublime expérience culinaire. Par exemple, un plat iconique, une raviole de homard à la vanille servie avec des pousses d'épinard, est proposé à 45 €, ce qui, bien qu'élevé, s'inscrit dans une tradition de plats raffinés.
D'autres choix incluent des saint-jacques rôties aux poireaux grillés, publiques et accompagnées de flocons de sarrasin pour 39 €. Accompagné d'un bon vin du Languedoc à 35 €, le dîner devient un moment inoubliable. Le service est excellent, montrant le respect et l'attention aux besoins des clients, caractéristiques des grandes maisons. Dans ce cadre, l'esprit de la brasserie réussit à capturer l'essence de désirs variés. On oscille entre le besoin de consommer beaucoup ou peu, témoignant ainsi d'une clientèle en quête de sens et de qualité dans une époque axée sur l'authenticité.







