Une étude récente a mis en lumière des faits préoccupants sur l'alimentation : plus de la moitié des décès attribuables à une mauvaise nutrition dans le monde en 2017 résultaient de seulement trois facteurs. Parmi eux, une consommation excessive de sel, une insouffisance en grains entiers et un manque de fruits.
"Dans de nombreux pays, une alimentation déséquilibrée cause plus de décès que le tabac et l'hypertension", déclare Ashkan Afshin, professeur à l'Institut pour la Mesure et l'Évaluation de la Santé de l'Université de Washington, lors d'un entretien avec CNN. Son étude, parue en avril dans The Lancet, démontre que le manque d'aliments nutritifs et une consommation excessive de sel pèsent aussi lourdement sur notre santé que la consommation de viande rouge ou de boissons sucrées.
Trois éléments déterminants
Mis à part le sel, un facteur d'alerte majeur dans plusieurs pays, une consommation élevée de produits transformés se classe parmi les plus faibles risques. En effet, en 2017, trois facteurs majeurs ont causé plus de la moitié des décès liés à l’alimentation : excès de sel, insuffisance en grains entiers et manque de fruits.
Cette année-là, les maladies cardiovasculaires ont causé 10 millions de décès ; le cancer, 913 000 ; et le diabète de type 2, 339 000. Ces trois éléments ont contribué à 66 % des incapacités dues à des maladies chroniques. Comme l'indique Ashkan Afshin, l'obésité n'était pas en haut de cette liste, se classant seulement au sixième rang.
Les résultats soulignent particulièrement le manque de grains entiers dans notre alimentation. La recherche révèle que bien que nous consommons des céréales, ces dernières sont souvent transformées, peu nutritives et riches en calories. Andrew Reynolds, auteur d'une étude portant sur le sujet à l'Université d'Otago, avertit que de nombreux produits étiquetés "grains entiers" sont, en réalité, des produits ultra-transformés contenant davantage de sodium, de sucres et de graisses saturées.
Des enjeux alimentaires globaux
L'Ouzbékistan a enregistré le plus grand nombre de décès dus à des habitudes alimentaires, suivi par l'Afghanistan, les Îles Marshall, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Vanuatu, tandis qu'Israël a montré le taux le plus bas, avec la France, l'Espagne, le Japon et Andorre derrière lui. Toutefois, le danger reste présent indépendamment du niveau socio-économique des pays.
À l'échelle régionale, des enjeux variés se dessinent. En Asie, un apport élevé en sel, dû à l'utilisation de sauces et de pâtes de riz salées dans les plats traditionnels, représente un danger majeur. Pendant ce temps, au Mexique, les boissons sucrées figurent parmi les principales menaces à cause de l'accessibilité limitée à l'eau potable.
Cette étude fait partie d'un rapport annuel sur la morbidité mondiale, préparé par des milliers de chercheurs surveillant les décès prématurés et les incapacités causées par plus de 350 maladies et traumatismes dans 195 pays.







