Le jury du classement cherche à crédibiliser ses choix.
En amont de la révélation tant attendue des "50 Meilleurs restaurants du monde", les membres du jury se sont réunis à Londres afin de discuter des méthodes visant à affiner leur vote et à renforcer la légitimité de leurs choix.
Alors que la France se prépare à connaître les résultats du premier tour des élections présidentielles, un autre verdict préoccupe les jurés internationaux, rassemblés à Londres pour évaluer le palmarès. Cette réunion se tient au Sketch, le célèbre établissement du chef Pierre Gagnaire, une figure emblématique du classement. Au programme : les défis rencontrés pour recruter, dans leurs zones géographiques respectives, un panel de jurés suffisamment expérimentés pour voter de manière éclairée. En effet, comme le souligne un jury sud-américain, il est difficile d'évaluer les restaurants au Liban sans y avoir mis les pieds.
Les enjeux de la représentation
Un autre point de désaccord, mis en avant par Yumiko Inukai, représentante du jury japonais, concerne la définition de ce qu'est le "meilleur". Elle explique que, au Japon, on pense en termes de catégories, comme le meilleur restaurant de bento ou le meilleur italien. Ce commentaire a suscité un certain silence au sein du magazine anglais, avant qu'une suggestion d'évaluation basée sur l'expérience globale ne soit avancée. Cette proposition a été immédiatement acceptée, rendant obsolète l'idée d'un vote par catégorie.
Des inégalités géographiques persistantes
Un autre dilemme récurrent : l'absence persistante de restaurants asiatiques parmi les cinquante premiers, malgré la réclamation de nombreux jurés qui estiment que plusieurs établissements à Singapour devraient au minimum entrer dans le top 15. La question se pose : comment améliorer leur représentation sans bouleverser les règles du vote, qui limitent chaque juré à cinq choix, dont deux au maximum dans leur région? Par exemple, la France compte pour une région distincte, tandis que Singapour, le Cambodge et le Vietnam partagent une seule region. "Tous les jurés français optent naturellement pour leurs deux choix locaux!" taquine Victoria Prior de Restaurant Magazine. Cela mène à une surreprésentation française, avec douze restaurants classés cette année.
Pour pallier ces déséquilibres et offrir une plus grande visibilité aux restaurants moins représentés, le magazine a décidé d'implémenter un "Top 10", un classement par pays des dix meilleurs restaurants. Cette motion a été acceptée à l'unanimité, car elle permettra à chaque membre du jury de faire connaître plus facilement les talents de leur pays, en mettant en avant un top 10, bien plus abordable que le classement mondial où certains pays restent invisibles.
- Pour en savoir plus : restaurantmagazine.co.uk







